La leucémie chez le chien et le chat

La leucémie est le terme qui caractérise le cancer du sang. Il en existe différentes formes ; on parle donc généralement des leucémies. Les animaux domestiques ne sont malheureusement pas épargnés par les cancers. Les leucémies chez le chien et le chat existent mais sont relativement peu fréquentes par rapport à d’autres types de cancer. Illicoveto vous décrypte ces maladies.

A quoi correspond la leucémie ? Quel(s) organe(s) touche-t-elle ?

Le sang est un liquide biologique qui contient de l’eau, des ions, des plaquettes, des globules rouges et des globules blancs. Ces derniers (globules et plaquettes) permettent à l’organisme d’être correctement oxygéné et jouent un rôle dans le bon fonctionnement du système immunitaire. Les globules blancs, les globules rouges et les plaquettes sont fabriqués au niveau de la moëlle osseuse qui se situent au centre des os longs. Les globules et les plaquettes ont une durée de vie limitée (la durée de vie d’un globule rouge est d’environ 120 jours chez le chien). Par conséquent, pour la bonne santé de l’organisme, la moëlle osseuse en fabrique en continu au cours de la vie de l’animal. Suite à une anomalie de multiplication cellulaire, il arrive que la moëlle osseuse se mette à fabriquer trop ou pas assez de globules ou de plaquettes. La leucémie chez le chien et le chat correspond donc à un cancer des cellules sanguines en provenance de la moëlle osseuse. On distingue différents types de leucémies en fonction des lignées de cellules sanguines touchées ; leucémie lymphoïde ou leucémie myéloïde.

Les causes de la leucémie chez le chien et le chat

L’apparition d’un cancer est souvent liée à une altération du génome lors de la formation d’une cellule. Dans le cas des leucémies, l’altération du génome surviendrait au niveau des cellules souches qui forment ensuite les constituants du sang ; les globules rouges, blancs et les plaquettes. Ces anomalies génétiques peuvent être spontanées, imprévisibles mais leur survenue peut être accélérée par le biais de facteurs favorisants. Ces facteurs favorisants sont dits cancérogènes. Parmi les agents cancérogènes, citons, par exemple, les rayonnements ionisants, certaines substances chimiques ou encore le virus de la leucose chez le chat (FelV) qui sont capables d’induire des mutations génétiques.

Les symptômes de la leucémie

Les symptômes de la leucémie chez les carnivores domestiques sont très variables et dépendent surtout de la lignée de cellules sanguines touchées par le cancer.
L’animal peut présenter de l’anémie. En présence d’une anémie, les gencives et les conjonctives sont pâles, le souffle est court la fréquence cardiaque est élevée. L’animal malade présente une fatigue importante.
En cas de cancer des plaquettes, l’animal pourra présenter des troubles de la coagulation (hémorragie externe ou interne, pétéchies). La présence de petites taches de couleur rouge ou violet appelées pétéchies sur la peau de votre animal peut être le signe d’un trouble de la coagulation.
Parfois, l’animal malade est sujet aux infections à répétitions malgré l’administration de traitements adaptés.
De façon inconstante, on observe également des signes plus généraux et non spécifiques tels qu’un amaigrissement, de la fièvre, une augmentation de la taille des ganglions.

Le diagnostic de la leucémie

Le diagnostic des leucémies chez le chat et le chien repose sur la réalisation d’un hémogramme et d’un myélogramme. L’hémogramme correspond à un comptage des différents constituants du sang, il s’effectue via une simple prise de sang chez l’animal et peut, très souvent, être réalisé directement à la clinique vétérinaire. L’hémogramme permet de déceler des carences ou des excès de globules ou de plaquettes. Par la suite, la réalisation d’un myélogramme, appelé également ponction de moëlle osseuse, permet de préciser si les anomalies décelées précédemment sont liées ou non à un cancer du sang. La réalisation d’un myélogramme se fait systématiquement sous anesthésie générale chez l’animal. La lecture des prélèvements se fait en général par un laboratoire vétérinaire spécialisé.
En présence d’une suspicion de leucémie, le vétérinaire sera amené à réaliser d’autres examens complémentaires pour préciser son diagnostic, connaitre l’état de santé de l’animal et préciser le pronostic à long terme. Chez le chat, un dépistage des virus FIV (sida du chat) et FelV (leucose féline) s’impose.

Le traitement de la leucémie

Les leucémies d’évolution suraiguë, c’est-à-dire qui sont se développent très rapidement, sont de moins bon pronostic. Pour ces formes agressives de leucémies, la mortalité peut survenir en quelques jours en l’absence de traitement.
Dans le cas des leucémies aigues, les animaux malades étant souvent dans un état de santé très dégradé, un traitement de soutien lourd doit être entrepris. Cela passe notamment par l’hospitalisation de l’animal. Une perfusion est mise en place. Lorsqu’une anémie majeure est présente, une ou plusieurs transfusions seront nécessaires. La transfusion consiste à apporter à l’animal malade, par voie intraveineuse, du sang d’un animal en bonne santé dans le but de faire remonter son taux de globules rouges. En France, il n’existe pas de banque de sang pour les animaux domestiques. Lorsqu’une transfusion est nécessaire, le vétérinaire et le propriétaire de l’animal malade doivent trouver un animal donneur de sang dont le groupe sanguin sera compatible avec celui de l’animal malade.

Parmi les traitements anticancéreux existants, la chimiothérapie est le traitement de choix pour les leucémies chez le chien et le chat. Ce traitement permettra uniquement d’allonger la durée de vie de l’animal malade mais il ne s’agit pas d’un traitement curatif. Il existe plusieurs protocoles de chimiothérapie. Le vétérinaire proposera le protocole le plus adapté à l’animal malade en fonction du type de leucémie et de l’état de santé du patient. La mise en œuvre d’un protocole de chimiothérapie est, en général, plus aisée chez le chien que chez le chat. En effet, le chien tolère davantage des hospitalisations fréquentes chez le vétérinaire et l’administration répétée de produits de chimiothérapie par voie intra-veineuse. Il existe également des protocoles de chimiothérapie basés sur l’administration orale de médicaments anticancéreux mais ils sont moins efficaces que les protocoles de chimiothérapie intra-veineuse.

A propos de l'auteur

Marion Tissier

Marion Tissier

Marion Tissier est Docteur Vétérinaire, inscrite au Tableau de l'Ordre national des Vétérinaires.
Marion Tissier

Marion Tissier

Marion Tissier est Docteur Vétérinaire, inscrite au Tableau de l'Ordre national des Vétérinaires.

Partager cet article

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur email

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *