La myasthénie grave est une maladie neuromusculaire d’origine immunitaire assez commune chez le chien, plus rare chez le chat.

La « jonction neuro-musculaire » correspond à la zone de communication entre le muscle et le neurone moteur qui commande ce dernier. Il y circule une molécule, l’acétylcholine, qui est libérée par l’extrémité du neurone et qui se fixe sur des récepteurs spécifiques sur le muscle.

En cas de myasthénie grave, le système immunitaire de l’animal produit des anticorps qui s’attaquent à ces récepteurs. Ceci empêche la fixation de l’acétylcholine et donc la transmission de l’information nerveuse à l’origine du mouvement. Cette maladie concerne les muscles des membres, de l’œsophage, du larynx ou de la face.

A l’inverse de la myasthénie congénitale, plus rare, la myasthénie grave au sens strict est une maladie dite « acquise » car la sécrétion d’anticorps débute au cours de la vie de l’animal. L’élément déclencheur, rarement identifié, peut être :

  • Une atteinte du thymus, tumorale le plus souvent,
  • Un autre type de cancer (tumeur des os, du foie ou des sacs anaux),
  • Une maladie hormonale (hypothyroïdie, maladie d’Addison),
  • Une maladie auto-immune.

  • La myasthénie grave se manifeste généralement avant 4 ans ou après 9 ans chez le chien, avec un degré de sévérité variable.

    Dans les formes généralisées, une faiblesse musculaire et une intolérance à l’effort sont présentes. Dans 80 à 90% des cas chez le chien, une atteinte des muscles de l’œsophage entraine une distension de celui-ci (mégaoesophage) provoquant des régurgitations et potentiellement des fausses déglutitions ou « fausses routes ». Des difficultés respiratoires, un changement de voix ou une paralysie faciale peuvent aussi être constatés. Les chats présentent parfois une flexion du cou.

    Il existe des formes aiguës fulgurantes (dans 15% des cas) à l’origine d’une paralysie généralisée et d’une détresse respiratoire, souvent fatale.

    Une radiographie du thorax permet de mettre en évidence un mégaœsophage ou d’éventuelles anomalies du thymus. Une exploration plus complète (bilan sanguin, imagerie) peut être proposée pour rechercher les maladies associées. Le dosage des anticorps dirigés contre les récepteurs de l’acétylcholine, réalisé dans un laboratoire spécialisé à distance, est le seul moyen d’établir un diagnostic de certitude.

    Le traitement de la cause est nécessaire lorsqu’elle est identifiée. Un traitement médical est également prescrit pour limiter les symptômes et réduire la production d’anticorps par l’organisme. Si un mégaoesophage est présent, l’animal doit être nourri en position verticale afin de limiter les risques de fausse déglutition.

    Une guérison totale et définitive est possible en quelques mois après mise en place du traitement médical, mais le pronostic dépend de la précocité du traitement et de la présence de complications.