Dans l’espèce féline, la mise-bas, équivalent de l’accouchement chez la femme, est un processus assez rapide (moins de 6h généralement) qui se déroule en plusieurs phases bien distinctes. Ces phases sont très similaires à celles rencontrées dans l’espèce canine, mais certaines spécificités sont importantes à connaître afin de s’assurer du bon déroulement de la mise-bas. La gestation dure chez cette espèce entre 59 et 63 jours et se conclut par l’arrivée de 3 à 5 chatons en moyenne.

Savoir détecter le début de la mise-bas

La mise-bas débute toujours par l’observation de signes particuliers appelés prodromes. Attention, ils ne sont pas tous systématiquement présents. Les signes qu’une mise-bas débute sont :
  • Une diminution de la température corporelle

Elle peut être notée dans les 24h avant la mise-bas. Elle est due au remaniement hormonal préparant la mise-bas (chute de progestérone). C’est un moyen assez fiable (et gratuit !) de suivre l’évolution de la fin de la gestation. La diminution doit être supérieure à 1°C sur plusieurs mesures. On appelle cela le signe de Lieberger.
  • L’apparition de glaires « vert clair » au niveau de la vulve

Il s’agit du bouchon muqueux qui, comme chez la femme, permettait au col de l’utérus d’être imperméable aux agressions du milieu extérieur, et se retrouve expulsé lorsque la dilatation du col s’amorce. Cela annonce une mise-bas dans les 12 à 24h.
  • La présence de pertes très abondantes au niveau de la vulve

Cela correspond à la rupture de la poche des eaux, présente également chez les animaux. Cela annonce une mise-bas dans les 6 à 12h.
  • La présence d’un écoulement « rouge sombre »

Il est consécutif au détachement d’un premier placenta. On considère que la mise-bas a alors commencé et il faut que le premier chaton soit expulsé dans les 2h qui suivent.

Savoir détecter le début des contractions

Les contractions utérines, nécessaires à l’expulsion des fœtus, débutent généralement plusieurs jours avant le jour J. Cependant, elles augmentent en intensité et en fréquence à l’approche de la mise-bas. Chez votre chat, cela peut se traduire par:
  • Un changement de comportement

La chatte présente des phases de nervosité, d’agitation. Cela génère en elle une situation d’anxiété. Elle peut chercher à s’isoler à tout prix ou, au contraire, être collée à vous pour se rassurer.
  • Des phases d’halètement

Votre chat se met à respirer gueule ouverte avec des mouvements de langue saccadés, la tête étirée vers le haut. C’est un signe de stress et cela lui permet de composer avec la douleur générée par les contractions.
  • Des signes de « nidification »

Votre animal va tourner en rond, chercher à faire son nid à l’aide de couvertures que vous lui aurez mises à disposition.

Votre chatte va mettre bas et vous avez des questions ?

échangez avec un vétérinaire rapidement

  • Par écrit
  • De vive voix
  • En vidéo
Parler à un vétérinaire

Surveiller le bon déroulement de l’expulsion des chatons

Lorsque la phase dite d’expulsion aura commencé, vous n’aurez aucun mal à le déterminer. Votre animal va commencer à chercher la position la moins inconfortable possible et des contractions abdominales intenses seront observables.
  • Préparer un endroit approprié pour la mise-bas

À compter de ce moment, votre chatte va chercher un endroit calme pour mettre au monde sa portée de chatons. Votre animal devra donc être installé dans une zone spécifiquement dédiée à la mise-bas. N’hésitez pas à mettre à sa disposition une “caisse de mise-bas" dans laquelle vous aurez placé une ou plusieurs couvertures et/ou des linges propres. Cet endroit doit absolument être accepté par votre chatte. En effet, si vous constatez qu’elle n’y est pas à l’aise, trouvez un autre endroit pour qu’elle puisse faire son nid. Si la zone n’est pas adaptée, elle pourrait donner naissance à ses chatons à un endroit trop froid ou trop inconfortable pour eux, mettant en péril leur survie. Dans certains cas, on observe même des actes de cannibalisme (la maman tue ses petits), en cas de stress territorial trop important. Il est donc extrêmement important de vous adapter à ses besoins.
  • Quelle durée entre deux expulsions ?

Le délai entre l’expulsion de 2 chatons est normalement de 30 à 60 minutes. Il peut aller jusqu’à 2h parfois mais si ce délai est dépassé, il peut alors s’agir d’une dystocie (mise-bas anormale). Une intervention chirurgicale (césarienne) peut dans ce cas être nécessaire. Cependant, chez la chatte, il arrive parfois d’observer des pauses dans la mise-bas. C’est une adaptation physiologique à la mise-bas en milieu hostile. En cas de pause prolongée, seul un vétérinaire pourra faire la distinction entre dystocie ou déroulement normal de la mise-bas.
  • Et les placentas ?

En temps normal, les placentas sont expulsés une quinzaine de minutes après les chatons. On observe donc une alternance chaton-placenta. Parfois, on peut tout de même avoir deux chatons expulsés d’affilée puis deux placentas. Il est important de vérifier que la chatte expulse autant de placentas qu’elle n’a mis bas de chatons. Une rétention placentaire (persistance d’un ou plusieurs placentas dans l’utérus) est une complication qui rendrait votre chatte très malade et affaiblie dès les premiers jours du post-partum, ce qui aurait également des répercussions négatives sur la portée car l’allaitement serait fortement compromis. Il est également important de s’assurer que la chatte s’occupe bien de ses chatons c’est-à-dire qu’elle les lèche et qu’elle sectionne avec ses dents le cordon ombilical si celui-ci ne s’est pas rompu naturellement au moment de la naissance. En attendant que votre chatte le fasse, il ne faut surtout pas tirer sur le cordon si la rupture n’est pas spontanée.

S’assurer que la mise-bas est terminée

Lorsque la mise-bas est terminée, des écoulements vulvaires verdâtres à noirs vont persister et ce potentiellement jusqu’à 3 semaines. On les appelle les « lochies ». Il n’y a rien d’anormal à cela. Le meilleur moyen de savoir si la mise-bas est terminée est de connaître au préalable le nombre de fœtus que la femelle portait. Pour cela, un suivi médical de la gestation auprès de votre vétérinaire est recommandé. Celui-ci pourra réaliser des examens d’imagerie médicale (échographie, radiographie) pour dénombrer les fœtus, vérifier leur vitalité et s’assurer de l’absence d’anomalies au niveau des structures reproductrices. Lorsque la mise-bas est terminée, la chatte va prodiguer les premiers soins à ces chatons (léchage, mordillement et rupture des cordons ombilicaux...) et également ingérer une partie ou tous les placentas. Cela lui procure un apport énergétique très important favorisant la lactation ainsi que le phénomène d’involution utérine (retour à la taille et la consistance normale de son utérus). Si la chatte s’intéresse à ses chatons, aucune intervention de votre part n’est requise.

S’assurer que les chatons vont bien après la mise-bas

Si la mise-bas s’est bien déroulée, certains réflexes sont importants à connaître pour accompagner les nouveau-nés et la femelle dans les premières heures après l’accouchement. Tout d’abord, il faut savoir reconnaître les signes de vitalité des chatons. Dès qu’ils sont expulsés, il faut immédiatement que vous les observiez ramper vers leur mère et commencer à téter les mamelles pour boire le colostrum de leur mère. Si ce n’est pas le cas pour l’un d’entre eux, alors le chaton aura besoin de vos soins. Il s’agira de le sécher (il naît recouvert de liquide biologique) à l’aide d’une serviette, de le maintenir au chaud et de l’alimenter à l’aide d’un lait artificiel pour chaton acheté au préalable.

Besoin de poser une question d'ordre général sur la mise-bas?

échangez avec un vétérinaire rapidement

  • Par écrit
  • De vive voix
  • En vidéo
Parler à un vétérinaire
Pour les autres chatons, s’ils tètent sans problème mais que la mère ne leur lèche pas le ventre après le repas, munissez-vous d’une compresse humide pour masser légèrement l’abdomen des chatons. Cela facilitera leur transit digestif. Enfin, la pièce de vie de tout ce petit monde pendant les premières semaines doit être maintenue au calme, au chaud et porte fermée. En effet, les femelles peuvent potentiellement revenir en chaleurs très vite après la mise-bas et vouloir partir à la recherche d’un nouveau partenaire, délaissant leurs petits.

Ne pas hésiter à se faire accompagner par un vétérinaire

La mise à la reproduction d’un chat n’est jamais un acte anodin. Il est vrai que, dans la nature, les chats errants se reproduisent rapidement, pouvant naturellement donner le sentiment qu’ils n’ont besoin ni de l’intervention de l’Homme ni de la médecine. Cependant, nous observons couramment des situations délicates dans notre pratique quotidienne, lorsqu’il s’agit de chats de compagnie. Ce phénomène peut probablement s’expliquer par 3 aspects :
  • Par définition, les animaux errants n’étant pas ou très peu médicalisés, nous ne pouvons estimer la fréquence à laquelle des problèmes de mise-bas ont lieu.
  • Les chats de compagnie ont potentiellement perdu, avec l’évolution naturelle ainsi que les sélections de reproducteurs des chats de race, certaines aptitudes leur permettant de mettre bas de manière autonome.
  • Mettre bas dans la nature permet à l’animal de sélectionner un endroit calme, à l’abri des regards et qui lui convient. Au sein d’une maison ou d’un appartement, bien que cela permette une meilleure surveillance, votre animal peut se retrouver dans une situation de stress augmenté par une restriction importante de ses options pour “faire son nid” ou même votre simple présence autour de lui.
Pour toutes ces raisons, il est toujours recommandé d’être accompagné par un vétérinaire, aussi bien pour le suivi de la gestation que pour vous assurer du bon déroulement des évènements pendant la mise-bas.