La « maladie des griffes du chat » est une maladie infectieuse provoquée par une bactérie transmise en règle générale, comme son nom l'indique, par griffure d'un félin. C'est une zoonose (maladie transmise à l’Homme par un animal) qui semble en croissance ces dernières années. Chez le chat, elle ne provoque que très rarement des symptômes. Les individus porteurs de la bactérie sont donc habituellement sains et appelés « porteurs asymptomatiques ». Chez le chat, la contamination se fait par inoculation au moment d’une piqûre de puce, de poux ou de tique. Une fois infecté, le chat peut rester porteur asymptomatique pendant plusieurs mois. Chez l’Homme, la « maladie des griffes du chat » concerne principalement l’enfant (80 % des cas) ou le jeune adulte d’âge inférieur à 20 ans.

Quelle est la bactérie à l’origine de cette maladie ?

La bactérie en cause se nomme Bartonella henselae. On la retrouve principalement dans la cavité buccale des chats (surtout des chatons) mais elle peut être déposée sur le pelage ainsi que les griffes au cours de la toilette. La transmission se fait fréquemment par griffure (75% des cas) mais il est également possible d’être contaminé suite à une morsure (10% des cas) voire au léchage d’une plaie cutanée.

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Quels symptômes peut-on observer en cas d’infection ?

La forme classique de la « maladie des griffes du chat » est également appelée «lymphoréticulose bénigne d’inoculation». Elle a été décrite pour la première fois en 1950 par deux équipes médicales parisiennes. On observe initialement l’apparition d’une lésion en relief sur la peau au niveau de la zone où a eu lieu la griffure/morsure (appelée papule ou vésicule), sans suite notable. Quelques semaines plus tard, on observe une augmentation de taille du nœud lymphatique de drainage de la zone concernée. Les nœuds lymphatiques sont les organes impliqués dans la réponse du système immunitaire de l’organisme en cas d’infection. On en trouve à différents endroits du corps. Ainsi, on peut observer un gonflement et sentir comme une boule de consistance dure :
  • Au niveau de l’aisselle en cas de griffure/morsure au niveau de la main ou du bras
  • Au niveau de l’aine si la lésion concerne une jambe
  • Au niveau du cou, juste sous la mâchoire, en cas d’atteinte au niveau du visage
L'évolution est souvent bénigne mais le retour à la normale concernant le volume du nœud lymphatique peut nécessiter plusieurs mois (jusqu’à 1 an parfois). Dans de rares cas, il arrive d’observer une évolution plus défavorable, le plus souvent chez des individus déjà immunodéprimés. Maux de tête, douleurs musculaires, douleurs articulaires, fièvre sont les symptômes les plus usuellement rencontrés. Le diagnostic est établi suite à la réalisation d’un prélèvement de nœud lymphatique couplée à une analyse sanguine (sérologie) à la recherche de Bartonella henselae. De manière exceptionnelle, certaines formes atypiques peuvent être observées, pouvant provoquer des symptômes oculaires (conjonctivite, lésions de la rétine), neurologiques (consécutifs à une inflammation localisée au cerveau), cardiaques (consécutifs à une inflammation de la paroi interne du cœur) ou osseuses (ostéomyélite).

Comment se soigne cette affection ?

En l'absence de symptômes particuliers, on attendra que le nœud lymphatique retrouve sa taille habituelle sans intervenir médicalement. En effet, malgré une tendance à la suppuration au niveau du nœud lymphatique, l'utilisation d'antibiotiques n'a pas montré d’intérêt particulier dans la prise en charge des patients atteints de « maladie des griffes du chat ». En cas d’infection systémique (passage de la bactérie dans la circulation sanguine) ou dans le cas où le patient est fortement immunodéprimé, des symptômes généraux seront présents et une couverture antibiotique à base d’azithromycine sera mise en œuvre pendant plusieurs semaines. Enfin, en cas de surinfection sévère du nœud lymphatique et si l’évolution semble anormalement longue (dans de très rares cas donc), une intervention chirurgicale pour retirer le nœud lymphatique sera recommandée.

Quand faut-il consulter son médecin ?

Une consultation avec votre médecin devrait être prévue dans les cas suivants :
  • Vous êtes une personne immunodéprimée et vous venez de vous faire mordre/griffer par un chat
  • Vous présentez des symptômes de type fièvre, maux de tête associés à des douleurs musculaires et/ou articulaires
  • Vous sentez un gonflement anormal au niveau de la région de drainage de la zone où vous vous êtes fait mordre/griffer par un chat quelques temps auparavant
Par ailleurs, si vous consultez plusieurs semaines après une griffure/morsure de chat et que vous avez la présence d’esprit de vous souvenir de cet incident, pensez à bien le mentionner dès le début de la consultation à votre médecin traitant.

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Quelles mesures de prévention appliquer ?

Il n'existe aucun vaccin contre cette zoonose. Le respect des règles d'hygiène élémentaire, ainsi que la prise de précautions lors de la manipulation des animaux, permettent de limiter les risques de contamination : • Manipuler avec douceur et avec soin un chat stressé ou malade, car les risques de morsures ou griffure sont augmentés • Se laver correctement les mains après manipulation des animaux • Se désinfecter intensément les plaies en cas de morsure ou de griffure • Ne pas laisser un chat vous lécher si vous présentez des plaies cutanées • Lutter efficacement et de façon régulière contre les puces et les tiques Par ailleurs, les patients immunodéprimés devraient tous être mis en garde contre cette possibilité d’infection et un protocole spécifique d’accès aux soins mis en place en cas de griffure/morsure. À une époque, l'ablation des griffes, qui pouvait sembler être une mesure efficace, avait été proposée. Cette pratique est désormais interdite, considérée comme étant excessive et handicapante pour les chats domestiques.