La leishmaniose : causes, symptômes et traitement

Dr Clément Leroy

Dr Clément Leroy

Vétérinaire diplômé de l’École Nationale Vétérinaire de Toulouse. Ancien Interne et Ancien Chargé de Consultations en Médecine Interne, Urgences et Soins Intensifs de l'ENVT.

Qu’est-ce que la leishmaniose chez le chien ?

La leishmaniose est une maladie infectieuse causée par un parasite sanguin. Il existe différentes espèces de parasites responsables de la leishmaniose à travers le Monde. En Europe, il s’agit principalement de Leishmania infantum.

Cette maladie est fortement représentée dans certaines zones particulières appelées “zones endémiques”. L’apparition de cette maladie concerne donc soit les animaux vivant dans ces régions, soit les animaux y ayant séjourné pour les vacances par exemple.

La leishmaniose est une zoonose (maladie transmissible de l’animal à l’Homme). Chez le chien, après une période d’incubation pouvant aller de 2 mois jusqu’à 8 ans, elle peut engendrer des symptômes sévères et causer la mort de l’animal.

Les individus porteurs de la maladie sont généralement, comme pour le paludisme, infectés à vie. C’est la raison pour laquelle la prévention contre cette maladie est primordiale.

 Comment se transmet la leishmaniose chez le chien ?

On dit que la leishmaniose est une maladie vectorielle car elle utilise un petit insecte comme vecteur pour se répandre. Cet insecte responsable de la propagation de la maladie est le phlébotome, petit moucheron piqueur, dont la morphologie est très similaire à celle des moustiques. Les phlébotomes sont très actifs le soir, au crépuscule.

On les retrouve particulièrement dans les zones rurales rocailleuses plutôt sèches (ex. murs de pierre sèches des anciennes maisons dans le Sud-Est de la France). C’est la raison pour laquelle cette maladie était jusqu’à présent essentiellement rencontrée en Corse et sur le Bassin méditerranéen.

Cependant, ces dernières années, des cas de plus en plus nombreux sont rapportés dans des régions comme la Nouvelle-Aquitaine, l’Occitanie et une partie de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Cela est observé probablement en raison du réchauffement climatique ayant conduit à une extension de la zone géographique où les conditions de vie sont favorables au développement des phlébotomes.

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Comment savoir si mon chien est atteint de leishmaniose ?

Le développement de la maladie est très variable selon les individus :

  • Certains chiens vont naturellement éliminer le parasite et ne présenteront jamais de signes.
  • D’autres vont être porteurs à vie sans jamais exprimer de symptômes. Ce sont des « porteurs asymptomatiques » qui participent à la propagation de la maladie. Les phlébotomes qui les piquent récupèrent des parasites en effectuant leur repas de sang et vont aller contaminer d’autres individus.
  • D’autres enfin vont présenter des signes plus ou moins sévères.

Dans tous les cas, on observe initialement une lésion de la peau au niveau de la zone de piqûre par le phlébotome. Les sites les plus souvent impliqués sont l’oreille et le museau. On appelle cette lésion un “chancre d’inoculation”. Elle peut persister plusieurs semaines puis disparaître spontanément.

Ensuite, dans 25% des cas, l’émergence d’autres symptômes va avoir lieu et ce, entre 2 mois et 8 ans après la piqûre de phlébotome selon différentes études.

Les symptômes de la leishmaniose chez le chien

Initialement, l’animal présente plutôt des troubles d’ordre dermatologique :

  • Croûtes
  • Ulcérations de la peau au niveau de la truffe, des oreilles, des babines, du pourtour des yeux, des coussinets, de la base des griffes
  • Perte de poils
  • Présence de pellicules (appelés “squames”) sur le pelage
  • Troubles de la croissance des griffes (allongement excessif, on parle d’onychogryphose)
  • Nodules et ulcères sur la langue

Dans un second temps, l’individu va développer des troubles plus généraux :

Il existe également des formes atypiques pouvant provoquer des atteintes au niveau des yeux, du cerveau et/ou des articulations.

La maladie peut évoluer ainsi pendant plusieurs années, par crises généralement, jusqu’à conduire au décès de l’animal.

Le diagnostic de la leishmaniose

Si votre chien présente des signes de la maladie et que vous avez séjourné en zone à risque, votre vétérinaire va suspecter une leishmaniose.

Le diagnostic est très simple à mettre en œuvre et ne requiert qu’une prise de sang (sérologie) pour dépister votre animal. Le résultat permet de savoir si oui ou non votre chien est leishmanien mais également d’avoir une idée de la sévérité de l’infection en quantifiant les parasites chez votre chien.

Quels sont les traitements possibles après un diagnostic de leishmaniose ?

Malheureusement, il n’existe pas de traitement efficace et définitif contre la leishmaniose chez le chien. La leishmaniose étant une maladie transmissible à l’Homme et le chien, une fois contaminé, étant porteur à vie de cette maladie, il est toujours très important de mesurer les conséquences possibles pour le propriétaire et sa famille avant de décider de la mise en place d’un traitement.

Les seuls traitements disponibles sont destinés à améliorer l’état général de l’animal mais ne peuvent en aucun cas le débarrasser du parasite. C’est la raison pour laquelle un chien dépisté doit être suivi à vie par son vétérinaire traitant.

Les deux types de traitements pour lutter contre la leishmaniose

Pour prendre en charge un chien leishmanien, on dispose de deux traitements complémentaires :

  • Un premier traitement destiné à détruire le maximum de parasites présents dans l’organisme (on parle de traitement leishmanicide)

Il s’agit de l’antimoniate de méglumine. Il est administré par injection sous-cutanée quotidiennement pendant 1 mois. Les injections peuvent être réalisées par le vétérinaire ou par le propriétaire s’il est à l’aise avec cet acte. L’antimoniate de méglumine permet de faire baisser la charge parasitaire et, ainsi, de réduire les répercussions négatives sur la santé de l’animal. L’animal doit être étroitement surveillé pendant cette période.

  • Un second traitement destiné à contrôler la quantité de parasites dans l’organisme de l’animal (on parle de traitement leishmaniostatique)

Celui-ci doit être administré à vie. Il s’agit de l’allopurinol. Il se présente sous forme de comprimés à donner 2 fois par jour, dès la mise en place du traitement. L’allopurinol présente une efficacité assez intéressante mais a malheureusement tendance à provoquer l’apparition de calculs urinaires, ce qui est un facteur pronostique négatif pour le patient. En effet, les chiens atteints de leishmaniose présentent généralement une défaillance rénale que la présence de ces calculs vient aggraver.

Le suivi des animaux atteints de leishmaniose s’effectue généralement tous les 6 mois et repose sur un examen clinique approfondi et la réalisation d’examens sanguins pour vérifier l’évolution de la défaillance rénale et de la charge parasitaire.

Comment protéger mon chien de la leishmaniose ?

La prévention médicale dans les zones à risque comprend deux moyens de protection :

  • Utiliser des produits répulsifs contre les phlébotomes
  • Faire vacciner son animal contre la leishmaniose

Quels produits utiliser contre les phlébotomes ?

Pour lutter préventivement contre la leishmaniose, il est fortement indiqué d’utiliser des agents répulsifs. Ceux-ci doivent être mis en place régulièrement si vous êtes en zone à risque ou ponctuellement quand vous y planifiez d’y séjourner.

  • Il en existe sous de multiples présentations : en spray, en pipettes ou en colliers.
  • Il est recommandé de protéger votre animal pendant la saison d’activité des phlébotomes, soit de début avril à fin novembre. Votre vétérinaire vous conseillera pour trouver la solution la plus adaptée à votre chien en fonction de son âge, de son mode de vie et du risque d’exposition.

Faut-il faire vacciner mon chien ?

Il existe un seul vaccin disponible en France. Avant d’envisager une vaccination, votre chien doit être testé afin de s’assurer qu’il n’est pas déjà porteur du parasite.

Si le test est négatif, la vaccination nécessite trois injections à deux semaines d’intervalle puis une injection de rappel une fois par an.

Le but de la vaccination est de contribuer à réduire les risques de développer la maladie. Cependant, elle ne permet pas de s’affranchir des précautions citées plus haut pour limiter les risques d’infection.

Si vous souhaitez savoir si vous devez vacciner votre compagnon, demandez conseil auprès de votre vétérinaire qui évaluera avec vous les risques de contamination. Chaque décision de vaccination doit être prise au cas par cas.

Quelles sont les bonnes pratiques à adopter ?

Dans le but d’éviter le contact avec les phlébotomes, en plus de l’utilisation d’agents répulsifs, il est recommandé d’appliquer les mesures suivantes :

Éviter de promener votre chien dans des zones où la présence de phlébotomes est probable c’est-à-dire autour de murs en pierre sèche ou encore dans des endroits humides et abrités (les larves de phlébotomes y sont souvent présentes en grand nombre).

Rentrer votre animal dans la maison aux périodes d’activité des phlébotomes, c’est-à-dire du crépuscule jusqu’à l’aube.

Essayer de limiter la présence de phlébotomes dans votre habitation en fermant les fenêtres la nuit ou en les dotant de moustiquaires.

La leishmaniose chez le chat

Jusqu’à il y a peu, la leishmaniose était considérée comme une maladie extrêmement rare chez le chat. Cependant, il semblerait que la leishmaniose féline puisse être en réalité assez répandue dans les régions où la maladie est très présente.

Les formes conduisant à des problèmes de peau (nodules, ulcérations, croûtes au niveau du nez, des oreilles, des paupières…) sembleraient prédominantes, mais le parasite peut également être à l’origine d’atteintes des organes internes.

Certains spécialistes considèrent que la leishmaniose féline est une maladie émergente en France.

Les risques chez l’Homme

La leishmaniose est une maladie transmissible à l’Homme. La contamination se fait par l’intermédiaire d’un phlébotome ayant préalablement récupéré des parasites en se nourrissant sur un chien malade.

Leishmania infantum est responsable chez l’Homme d’une forme de leishmaniose dite viscérale provoquant :

  • De la fièvre
  • Une faiblesse généralisée
  • Une anémie
  • Une perte de poids
  • Des atteintes du foie et de la rate.

En l’absence de prise en charge adaptée, l’évolution de la maladie peut être mortelle.

Il existe heureusement des traitements efficaces contre cette maladie chez l’Homme et la plupart des patients traités guérissent définitivement.

La leishmaniose viscérale touche essentiellement les enfants et les personnes immunodéprimées. En France, quelques dizaines de cas sont rapportés chaque année.

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La leishmaniose: une maladie importante à prévenir

En effet, cette maladie présente de multiples raisons pour justifier une vigilance accrue :

  • Elle est responsable de symptômes graves
  • Elle conduit au décès de l’animal dans l’immense majorité des cas
  • Elle est transmissible à l’Homme et particulièrement aux personnes fragiles (enfants, femmes enceintes, personnes âgées ou souffrant de pathologies chroniques…)

Pour toutes ces raisons, il est primordial de protéger votre animal si vous vivez en zone à risque ou prévoyez d’y séjourner avec lui. Votre vétérinaire sera votre meilleur allié pour vous conseiller les solutions les plus adaptées à votre animal.

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