Mon chien est peureux : que faire ?

Dr Elodie Boucho

Dr Elodie Boucho

Vétérinaire diplômée de l’École Nationale Vétérinaire de Maisons Alfort. Praticienne en clinique et également pour un organisme de formations animalières qui accompagne les professionnels du monde animal dans leurs projets.

Bon nombre de propriétaires canins se sentent dépassés face à un chien peureux. Il s’agit d’un quart des consultations comportementales ! Certains n’ont pas les bons réflexes, d’autres ont perdu espoir et essayent de faire avec. Avoir les bonnes bases de travail et connaitre les bons outils permet souvent d’améliorer le comportement du chien.

Essayons ensemble de caractériser cette peur pour, dans un second temps, améliorer ce trouble du comportement.

Mon chien est peureux : pourquoi ?

Il a subi un traumatisme

Il peut l’avoir appris par ses expériences passées, il s’agit d’un traumatisme. L’interaction, avec la cause de la peur, a été négative à plusieurs reprises. Cela lui a causé du stress, voire de la douleur. Exemple : un chien battu par un homme. Il peut associer les hommes à la douleur, au fait de se faire battre et se montrer peureux et même agressif envers les hommes.

Cela fait partie de sa personnalité

Cette peur peut aussi ne pas être liée un traumatisme. Pour certains chiens, cela fait partie de leur personnalité. Être peureux fait partie des 5 traits de tempérament canin. Cela peut s’exprimer plus fréquemment chez certaines races.  Il s’agit d’un instinct, cependant il ne faut pas qu’il soit trop prononcé ni trop présent au quotidien.

Il a manqué de socialisation étant chiot

Pour d’autres, il s’agit d’un manque de socialisation du chiot (période des trois premiers mois). Le chien n’a pas eu assez d’expériences, il n’a pas entendu assez de bruits (élevage en campagne alors que le chien vivra en ville), pas assez de contacts avec ses congénères ou avec d’autres espèces qu’il est amené à rencontrer (humains, chats, lapins, furets…). Dans l’idéal il faudrait que durant cette période, le chien soit placé dans les conditions les plus proches de son cadre de vie futur. C’est pourquoi il est conseillé une adoption avant la fin de cette période (à partir de 2 mois mais avant 3 mois) afin d’éviter certains problèmes de comportement.

Enfin les chiots peuvent l’apprendre de leur maman. A cet âge, ils miment ce que fait leur mère. Donc si la chienne est craintive face à certaines situations, le chiot aura tendance à être craintif confronté aux mêmes situations.

Mon chien est peureux : comment l’exprime-t-il ?

Chaque chien peut l’exprimer différemment. Certains vont se figer, haleter, bailler, se lécher les babines, ne plus obéir. Pendant que d’autres vont fuir, marcher sans cesse, avoir la queue entre les pattes, les oreilles en arrières, aboyer. Dans tous les cas, votre chien vous montre son inconfort face à cette situation, il est stressé.

Face à quelles situations exactement et dans quelles limites ?

Il s’agit ici de comprendre son chien. Est-ce que ce sont les bruits forts (feux d’artifice, orages, klaxons, objet qui tombe, aspirateur…), les mouvements brusques (vélo, trottinette, skate, joggeur…), les autres chiens, les autres animaux, les personnes (homme, inconnu, barbu, ethnicité différente, capuches, enfants…) qui entrainent ces comportements gênants ? Et quel est son seuil de réactivité (à partir de quelle distance du vélo va-t-il commencer à avoir des réactions de peur, à partir de quelle intensité de l’aspirateur…).

Une fois que vous avez ces bases de travail, nous pouvons envisager d’améliorer ce trouble du comportement. Si aucune mesure est prise, la peur peut devenir de plus en plus forte à chaque confrontation, jusqu’à être ingérable. Il faut savoir que cela entraine un stress important. La cohabitation avec un chien peureux au quotidien peut être difficile pour vous mais également pour lui. S’il fugue il peut se perdre ou pire être renversé. Sans possibilité de fuite, il peut être amené à être agressif et mordre quelqu’un ou un autre animal. De plus son mal être peut entrainer à une altération de sa santé (dépression, anorexie, troubles digestifs).

L’objectif est de lui apprendre en associant la cause de la peur à des émotions positives (jouet, récompenses, friandises, croquettes, caresses…). Récompenser et non punir. Cela s’appelle le renforcement positif. Il faut habituer votre chien progressivement à ses peurs, c’est une rééducation. La confiance et la complicité que vous avez avec votre quatre pattes est un élément essentiel sans compter votre patience et votre persévérance. Il y a des choses à éviter et des clés de travail à appliquer pour une vie harmonieuse avec votre animal de compagnie.

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