Minuscules parasites hématophages, les puces de chat ne mesurent que 2 millimètres environ mais elles peuvent pourtant effectuer des sauts de plus de 30 centimètres. Installés dans la fourrure des chats, ces parasites sont responsables de presque une consultation sur deux en dermatologie chez le chat et il est parfois très difficile de s’en débarrasser.

La puce du chat



Pour mieux comprendre comment se débarrasser d’une infestation de puces, il faut connaître et comprendre le cycle et le mode de vie des puces.

La puce : présentation du parasite



Les puces sont des insectes piqueurs hématophages (= qui se nourrissent de sang) mesurant entre 2 et 4 mm sous leur forme adulte. Il existe diverses espèces de puces mais, dans 90% des cas, il s’agit de Ctenocephalides félis , aussi appelée la puce du chat, qui est mise en évidence chez les mammifères. Ce parasite de la peau n’est donc pas du tout spécifique d’une espèce et peut être retrouvée aussi bien chez le chat, que chez le chien … que chez l’Homme en cas d’infestation massive ou si la « source de nourriture » disparaît.

Les puces sont des parasites temporaires : seules les puces adultes sont présentes sur le chat et uniquement pendant le temps du repas. Leur mise en évidence n’est donc pas toujours facile (dans 95% des cas, on ne voit pas de puce). Ce n’est pas parce que l’on ne voit pas de puces qu’il faut considérer qu’il n’y en a pas !

Cycle de vie



Une puce adulte, une fois nourrie, va aller pondre des œufs qui tombent sur le sol et se retrouvent dans les lieux de couchage du chat et partout où il se promène. Une seule puce est capable de pondre plus d’une cinquantaine d’œufs par jour pendant 50 à 100 jours. Les œufs se transforment en larves, qui fuient la lumière et se réfugient dans des endroits sombres comme les fentes entre les lames de parquet ou les tapis. Ce stade non-parasite se nourrit de matière organique présente dans l’environnement et va se transformer en une nymphe immobile qui n’a pas besoin de se nourrir. Les nymphes éclosent quand elles sentent un hôte à proximité (car dégagement de chaleur) et se transforment en puces adultes qui peuvent piquer presque immédiatement.

Dans des conditions normales, le cycle de vie de la puce dure 1 mois. C’est le temps qu’il faut pour que des œufs éclosent et se retransforment en de nouveaux adultes. Voilà pourquoi il est nécessaire de traiter nos animaux tous les mois contre les puces. Attention, les nymphes peuvent survivre jusqu’à 6 mois dans l’environnement sans mourir ce qui peut entraîner des réinfestations des mois après, alors que l’on pensait que tout était réglé !

Mode de transmission



Les chats sont en général contaminés en passant à proximité d’un animal ayant déjà des puces, celles-ci étant capables de faire des bonds de 30 cm pour se déplacer. Les chats qui ont accès à l’extérieur sont donc particulièrement à risque, car ils sont en contact régulier avec des animaux qui ne sont pas traités contre les puces : chats, chiens, mammifères sauvages …

Même si les chats ne sortent pas, le risque zéro n’existe pas ! Nous pouvons aussi être des vecteurs de puces et les ramener jusqu’à notre logement. En appartement, le chien du voisin peut également déposer des puces sur votre pallier par exemple. Voilà pourquoi même les chats d’intérieur peuvent être contaminés par les puces.

Détecter la présence de puces dans le pelage de votre chat : les signes



Un chat qui a des puces va avoir tendance à se gratter, de façon plus ou moins intense, en fonction du degré d’infestation et de l'existence ou non d’une allergie aux piqûres de puces. Chez le chat, le grattage, aussi appelé prurit, se manifeste également par un léchage excessif. On observe donc parfois des zones où le poil est plus rare car la toilette est exacerbée et les petits spicules à la surface de la langue arrachent et cassent les poils. Dans les cas extrêmes, on peut rencontrer des chats avec des zones de peau complètement à nu et parfois même avec des irritations.

Pour détecter les puces sur votre chat à l’intérieur du pelage de l’animal, il faut le brosser avec un peigne fin. Les espaces des dents du peigne doivent mesurer moins de 2 millimètres pour pouvoir capturer les puces. Parfois, les chats se démangent tellement qu’ils font leur toilette de façon excessive et ils avalent les puces qui sont montées sur eux. Il n’est donc pas toujours facile de trouver ne serait-ce qu’une puce !

Une autre façon d’identifier la présence de ces parasites consiste à repérer les crottes des puces, réparties comme de petites virgules noires, dans le pelage de l’animal. Afin d’être sûr que ce ne sont pas de simples saletés, il suffit de les déposer sur un sopalin blanc et de les humidifier légèrement. Si en frottant rien ne se passe, alors ce sont de simples saletés. S’il y a apparition d’une couleur rouge-brun c’est le signe qu’il s’agit bien d’une « crotte de puce », qui est, en réalité, du sang digéré et rejeté par cette dernière dans le pelage de votre animal.

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Maladies dues à la présence de puces chez le chat



La présence de puces sur votre chat peut entraîner différentes maladies.

En premier lieu, la présence de puces entraîne tout simplement ce que l’on appelle une pulicose, avec piqûres et démangeaisons. Certains chats ne sont même pas gênés et l’infestation passe inaperçue tant qu’elle n’est pas massive.

démangeaisons et grattage chez un chat avec des puces

Si en revanche votre chat est allergique à la salive de puce, il va alors développer une DAPP, c’est-à-dire une dermatite allergique aux piqûres de puces, à chaque fois qu’il sera infesté ne serait-ce que par un seul parasite. Les puces montent sur le chat et le piquent pour se nourrir. A chaque piqûre, on observe la libération, au niveau de la peau, de médiateurs de l’inflammation du fait de la réaction allergique. Cela va entraîner des démangeaisons extrêmement importantes. Les chats malades finissent par présenter des zones sans poils (= alopéciques) et parfois même des lésions cutanées car ils continuent d’abîmer leur peau en se léchant. Des surinfections bactériennes sont parfois mises en évidence pouvant, une nouvelle fois, aggraver les démangeaisons et nécessitant la mise en place d’un traitement antibiotique.

Les chats peuvent être contaminés par certaines puces porteuses de ténias, vers plats, appelés Dipylidium caninum, s’ils les avalent. Ce parasite intestinal ne déclenche pas toujours de symptômes digestifs sauf chez les chatons, les chats âgés, les animaux immunodéprimés ou en cas d’infestation massive. Les vers adultes peuvent être visibles dans les selles du chat sous forme de points blancs qui font penser à des grains de riz. Ces vers peuvent aussi contaminer l’Homme, voilà pourquoi il faut être vigilant, en particulier avec des enfants.

Les puces pourraient aussi transmettre l’hémorbartonellose féline, aussi appelée mycoplasmose hémotrope. Cette maladie infectieuse est causée par une bactérie qui attaque les globules rouges et entraîne une anémie hémolytique sévère (= anémie par destruction des globules rouges).

En cas d’infestation massive, les chats peuvent être anémiés du fait de trop nombreux repas de sang. Les individus concernés se retrouvent spoliés d’une grande quantité de sang. Cela est particulièrement problématique chez les chatons, les chats âgés et les chats malades.

En cas de démangeaisons fréquentes, il est donc conseillé de consulter un vétérinaire afin d’établir un diagnostic et de mettre en place un traitement adapté. Si vous avez vu des puces et avez essayé de traiter votre chat sans succès, n’hésitez pas à consulter afin de mettre en évidence une potentielle DAPP et rectifier votre plan de soin.

Comment éliminer les puces présentent sur le chat



Pour éliminer les parasites qui vivent sur le chat, il faut appliquer un traitement antiparasitaire sur l’animal. Ces produits n’ont d’effet que sur les formes adultes et, parfois, sur les formes larvaires mais pas sur les œufs et les nymphes. C'est la raison pour laquelle il est nécessaire de traiter le chat plusieurs mois d’affilée, même s’il ne présente plus de symptômes, car les nymphes de puces peuvent survivre jusqu’à 6 mois dans votre maison ! Si le traitement est arrêté trop tôt, on pourra observer une résurgence des puces et tout sera à recommencer depuis le début.

Toute une variété de produits antiparasitaires existe sur le marché : poudres, pipettes spot-on, shampooings, spray, colliers ou comprimés. Chaque forme ayant ses avantages et ses inconvénients. Le choix est à faire en fonction du prix pour le propriétaire, de l’efficacité du produit et de la possibilité de l’administrer à l’animal.

Il faut néanmoins savoir que les produits vétérinaires sont constitués d’un principe actif qui est un insecticide, c’est-à-dire qui tue les puces, tandis que les produits non vétérinaires ne seront que des insectifuges !

Produits insectifuges



Au supermarché, sur Internet ou chez le pharmacien, vous pouvez avoir libre accès à des produits antiparasitaires dits insectifuges. Les molécules contenues dans ces produits ne neutralisent pas les puces mais ont simplement un effet répulsif. L’usage de ces produits est à réserver à des fins préventives, sur les animaux n’ayant pas de puces, dans des zones peu contaminées car ils ne suffisent pas toujours à repousser les puces de manière efficace. En cas d’infestation, ils ne seront absolument pas efficaces car ils ne permettront pas de tuer les puces présentes dans l’environnement, qui continueront à piquer votre animal et à se reproduire.

Ces produits sont souvent à base de plantes (phytothérapie) ou d’autres produits naturels comme la terre de diatomée (attention à bien utiliser des gants et un masque avec ce produit) …. Certains de ces principes actifs peuvent être toxiques pour le chat si celui-ci parvient à se lécher à l’endroit où il a été appliqué. Ces produits se retrouvent le plus souvent sous la forme de colliers , pipettes spot-on, de shampoing, de spray et de poudres …

Produits insecticides



Les produits antiparasitaires dits insecticides sont ceux qui vont éliminer les puces adultes et, parfois, les formes larvaires s’ils contiennent des inhibiteurs de croissance. L’utilisation de ce type de produit est indispensable pour lutter efficacement contre une invasion de puces, d’autant plus si le chat souffre d’une allergie aux piqûres de puces. En effet, en cas de DAPP, il convient d’utiliser des produits dit “knock-down”, c’est-à-dire qui tuent les puces très rapidement après qu’elles soient montées sur l’animal (moins de 15 minutes).

Certains de ces produits peuvent être vendus sans ordonnance chez votre pharmacien ou en animalerie, alors que d’autres, contenant des molécules nouvelles ou assez puissantes, ne peuvent être délivrés qu’après consultation et délivrance d’une ordonnance par votre vétérinaire (ou un pharmacien).

Attention : Certaines molécules insecticides sont à proscrire chez le chat car très toxiques ! C’est le cas de la perméthrine et de ses dérivés. Soyez donc vigilants lorsque vous achetez des produits antipuces de ce type, car ils ne sont pas tous sur ordonnance et la moindre erreur peut être fatale !

Ces produits existent sous différentes formes :

  1. Les pipettes antipuces sont la forme la plus répandue. Ces produits sont déposés directement sur la peau du chat, au niveau de la région située entre les omoplates, en écartant bien les poils. Ils vont ensuite diffuser sur l’ensemble du corps grâce au film lipidique présent à la surface de la peau. Chez les chats à poils très longs, ce type de produit est parfois difficile à appliquer correctement. Certains chats détestent aussi la sensation de la pipette et réagissent assez mal. Pour ces animaux, cette présentation n’est pas la plus indiquée. Si on utilise des pipettes spot-on, il est capital de ne pas laver son chat 48h avant et jusqu’à 48h après l’application pour garantir une efficacité optimale !
  2. Les colliers antipuces. Leur principal avantage est leur durée d’action assez longue, parfois jusqu’à 1 an. Le rapport qualité-prix est plutôt avantageux. Certains chats ne supportent pas de porter un collier et des réactions allergiques peuvent se développer sous le collier avec des démangeaisons, des rougeurs et des croûtes. Dans ces cas-là, il faut retirer le collier et opter pour une autre forme de traitement antipuces.
  3. Les comprimés antipuces sont de plus en plus présents sur le marché. Ils sont tout aussi efficaces que les produits qui sont déposés sur la peau des chats. Leur seul inconvénient est qu’il faut les faire avaler et certains peuvent être assez gros ce qui peut être problématique avec certains chats récalcitrants. En revanche, 100% du principe actif va être ingéré et l’efficacité de cette voie d’administration est assez redoutable en comparaison avec les pipettes.
  4. Injection antipuces (lufénuron) ! Ce produit, qui inhibe le développement des œufs et des larves de puces, n’est plus autant utilisé qu’auparavant mais il peut être très intéressant. Le lufénuron doit être injecté sous la peau avant la période à risques (plutôt en hiver), avant toute infestation, et va persister 6 mois dans l’organisme. Quand des puces vont monter sur le chat, elles vont ingérer le produit à l’occasion d’un repas de sang, et les œufs pondus ne pourront pas se développer en larves et en adultes. Un délai de 3 semaines est nécessaire après l’injection pour que le produit commence à faire effet, c'est pourquoi en cas d’infestation déjà présente, il faudra mettre en place un autre traitement insecticide le premier mois. Chez les chats ayant des allergies aux piqûres de puces (DAPP), ce type de traitement n’est pas forcément le plus approprié car il n’empêche pas les puces adultes de venir piquer l’animal.
  5. Les shampoings antipuces ne sont pas la forme à envisager en première intention car d’une part, ils ne sont pas très appréciés par les chats, et d'autre part, les actifs ne persistent pas très longtemps après rinçage ! Ils sont intéressants à utiliser chez les chatons trop petits pour pouvoir être traités par d’autres produits ou en cas d’infestation massive pour éliminer toutes les puces présentes sur le chat et le soulager avant de prendre le relais avec un autre produit.
  6. Les sprays ou pulvérisateurs. Ils sont moins désagréables à appliquer pour les chats que les shampoings. Le dosage à appliquer sur l’animal pour être parfaitement efficace peut cependant être compliqué à trouver. Il faut aussi faire en sorte que le chat ne puisse pas se lécher le temps que le produit agisse sur l’ensemble des poils.

Vous avez un doute sur le type d’antiparasitaire à adopter ?

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Traitement des congénères



Si un chat vit seul, il faut le traiter pendant au minimum 2-3 mois d’affilée pour éliminer toutes les puces (voire parfois 6 mois). Si le chat sort, il faut continuer à le traiter tous les mois pour éviter une nouvelle réinfestation. Si le chat vit strictement en intérieur, il faut rester vigilant et surveiller le pelage régulièrement.

Si le chat vit avec d’autres chats et chiens, il faut absolument traiter tous les animaux du foyer en cas d’infestation, même si les autres paraissent ne pas avoir de puces ! S’il y a un lapin, celui-ci doit aussi être traité en utilisant bien des produits spécifiques car certains produits sont très toxiques dans cette espèce.

Comment éliminer les puces dans l’environnement

Si un chat a peu de puces, le traiter pendant un temps suffisant peut suffire à éliminer toutes les puces présentes dans l’environnement car elles doivent absolument le piquer pour faire leur repas de sang.

En cas d’infestation massive de puces, il est indispensable de traiter également l’environnement (la maison ou l’appartement), pour espérer régler le problème. Pour ce faire, plusieurs techniques sont possibles à utiliser seules ou en association :

  • Passer l’aspirateur. Cela ne tue pas les puces mais permet d’éliminer un maximum d’œufs, larves, nymphes et adultes présents dans l’environnement. Si vous utilisez un aspirateur sans sac, videz bien le contenu dans une poubelle et allez la jeter puis laver l’intérieur du bac de l’aspirateur. Si vous utilisez un aspirateur avec sac, faites un gros ménage puis jetez le sac. Les pores du sac étant généralement plus grands que les puces, celles-ci pourraient sortir du sac et votre ménage n’aurait alors servi à rien.
  • Utiliser un nettoyeur vapeur. La vapeur d’eau à 60°C, envoyée sur les surfaces, permet de tuer les formes présentes dans l’environnement et peut être assez efficace pour atteindre notamment les formes cachées entre les lames de vieux parquet.
  • Laver les paniers de couchage, les draps de lits … au lave-linge à 60°C pour tuer les puces cachées dans les tissus.
  • Utiliser un fogger ou des spray insecticides pour assainir l’environnement. Ces produits permettent de déposer une couche d’insecticides sur toutes les surfaces et les tissus de la maison, où pourraient se cacher des puces. Ainsi, on se débarrasse d’une grande partie des formes cachées dans l’environnement, et on réduit le temps de traitement à réaliser sur l’animal. Certains de ces produits ont une rémanence de plusieurs mois dans votre intérieur. Il est nécessaire de bien lire la notice de ces produits pour les utiliser correctement sans risque pour vous. Il faut notamment que vos animaux ne soient pas dans la pièce qui est traitée pendant plusieurs heures, protéger vos aquariums, ranger la nourriture et bien aérer la pièce à votre retour …

En conclusion, les puces sont les parasites de la peau les plus fréquemment rencontrés chez le chat, elles peuvent parfois entraîner des problèmes de peau importants et leur élimination peut être délicate et nécessiter l’utilisation de plusieurs produits en même temps sur une longue durée. La prévention reste la meilleure option afin de ne pas avoir à lutter de façon effrénée contre ces petites bêtes.

Bibliographie : FOUGERES A., La lutte anti-puce : méthode d’évaluation de traitement de l’environnement domestique à base de permethrine et d’IGR, Thèse Méd Vet., Toulouse, 2007, 107p EPIN M., vingt cas pratiques de conseils vétérinaires à l’officine,thèse Méd Vet., Alfort, 2009, 134p

Mise à jour en 05/2022 par le Dr PRADEL Tatiana