Qu’est-ce qu’un éternuement ?

L’éternuement est un réflexe permettant d’expulser l’air contenu dans les poumons à travers le nez et la gueule. Ce réflexe a pour but d’éliminer des particules étrangères potentiellement irritantes. Chez le chat, il n’est pas toujours facile de distinguer l’éternuement de la toux. Les éternuements chez le chat signalent généralement une atteinte locale pouvant toucher : • Les cavités nasales, • Les sinus, • Le nasopharynx. Il est beaucoup moins fréquent que des problèmes pulmonaires ou des maladies générales provoquent des éternuements.

Quand consulter un vétérinaire ?

Une consultation vétérinaire sera recommandée dans le cas où votre chat présente :
  • Une fréquence d'éternuements plus élevée qu’à son habitude,
  • Une atteinte de l’état général associée aux éternuements (baisse de forme, baisse d’appétit, troubles digestifs, fièvre, etc…),
  • La présence d’un écoulement nasal associé aux éternuements.

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Les différents types d’écoulement nasal observés en cas d’éternuements

On distingue généralement deux types d’écoulements :
  • Le jetage : son aspect peut être translucide ou purulent.
  • L’epistaxis : il correspond à un écoulement de sang par le nez.
Dans les deux cas, l’atteinte peut concerner une seule narine ou bien les deux. En fonction de la nature de l’écoulement qui accompagne les éternuements, les causes possibles seront différentes. En revanche, il existe également des anomalies provoquant des éternuements sans écoulement associé.

Pourquoi mon chat éternue ?

Les raisons pour lesquelles un chat présente des éternuements sont multiples et variées. On va distinguer les causes :

• Virales 

  • Le coryza chez le chat est un syndrome extrêmement fréquent. Les symptômes de type respiratoires peuvent être causés par deux types de virus différents, l’Herpèsvirus et le Calicivirus. Dans les deux cas, le chat présentera, de manière plus ou moins sévère en fonction de son immunité, des éternuements répétés. C’est une maladie très contagieuse et occasionnellement grave. Une fois infecté, l’animal est porteur à vie du virus et pourra présenter plusieurs épisodes de récidives au cours de son existence.
  • La péritonite infectieuse féline est une maladie grave causée par un coronavirus digestif. Parmi les répercussions possibles de cette maladie, on observe souvent une inflammation des vaisseaux sanguins pouvant se traduire chez le chat par des éternuements accompagnés d’epistaxis

• Bactériennes

On parle de rhinite infectieuse. Les cavités nasales sont colonisées par des bactéries (mycoplasmes et pasteurelles sont les plus souvent rencontrées) et cela engendre des éternuements pendant plusieurs jours. Les bactéries responsables de l‘infection peuvent provenir de l’air inspiré par l’animal ou de problèmes dentaires. En effet, les racines dentaires sont très proches des cavités nasales. En cas d’abcès dentaire ou de tartre en quantité excessive, il peut y avoir création d’une fistule et communication entre les dents et les narines.

• Fongiques

La cryptococcose, causée par un champignon appelé Cryptococcus sp., est une maladie assez peu répandue en Europe. En revanche, elle est très grave et assez contagieuse. Les éternuements augmentent en fréquence avec l’évolution de la maladie et peuvent être accompagnés d’un epistaxis au niveau d’une seule ou des deux narines. Généralement, l’animal présente également une déformation au niveau nasal ainsi que des signes de maladie générale (baisse d’appétit, baisse de forme, fièvre).

• Mécaniques

L’inhalation d’un corps étranger, généralement un brin d’herbe, peut provoquer une très grosse crise d’éternuements. Dans l’immense majorité des cas, les éternuements permettent de déloger et d’expulser le corps étranger. Mais dans de rares cas, il faudra l’intervention d’un vétérinaire pour le retirer manuellement.

• Traumatiques 

Suite à une chute ou un accident, on peut parfois observer des éternuements par crises. Il faudra alors vérifier que votre chat n’a pas une fente palatine. En effet, en raison du choc, il arrive que le palais, situé au-dessus de la langue, se déchire en son centre, créant ainsi une communication entre la gueule de l’animal et les narines. Il n’est pas recommandé de donner à manger ou à boire à votre animal dans ce cas, tant qu’un vétérinaire n’a pas pu l’examiner.

• Inflammatoires

Certains chats peuvent présenter des rhinites chroniques en raison d’un dérèglement de leur système immunitaire. Celui-ci va réagir comme si une infection était présente et produire des cellules de défense de l’organisme en quantité exacerbée. Ces cellules vont venir coloniser la muqueuse des cavités nasales et générer une inflammation permanente, à l’origine des éternuements.

• Polypeuses 

La présence de polypes nasopharyngés est fréquente chez le chat. Il s’agit de petites excroissances de la muqueuse des cavités nasales et du nasopharynx. Celles-ci viennent obstruer partiellement le passage de l’air inspiré et générer une inflammation chronique. Ceci a pour conséquence de faire éternuer régulièrement votre chat et de rendre la région sensible aux surinfections bactériennes.

• Congénitales

Il existe des chats qui présentent une malformation des cavités nasales dès la naissance. On parle de sténose nasopharyngée. Par les mêmes mécanismes que les polypes, cette sténose provoque des éternuements chroniques et prédispose le chat aux surinfections.

• Tumorales 

Le lymphome nasal est une tumeur assez répandue chez le chat. Elle concerne la muqueuse des cavités nasales et engendre des éternuements et des surinfections de manière fréquente.

• Troubles de la coagulation

Tout dérèglement de la coagulation, pouvant être causé par une maladie telle que l’hémophilie ou par une intoxication à la mort aux rats, va potentiellement entraîner des saignements spontanés dans les cavités nasales et donc des éternuements avec de l’epistaxis.

• Hypertension artérielle 

Beaucoup de chats présentent de l’hypertension artérielle (HTA). Contrairement à chez l’Homme, il est rare que cette HTA soit isolée, elle est très souvent la conséquence d’une autre maladie (insuffisance rénale, hyperthyroïdie...). Cette HTA peut aboutir, en cas de pic important, à la rupture des vaisseaux sanguins de très petit diamètre comme le sont ceux présents dans les cavités nasales. On observera alors des saignements au niveau des narines accompagnés d’éternuements.

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Comment diagnostiquer l’origine des éternuements ?

En fonction du statut vaccinal de votre animal, de son âge, de son mode de vie, de la présence d’un écoulement nasal ou non ainsi que de son aspect, votre vétérinaire va pouvoir déterminer les hypothèses les plus probables pour expliquer d’où proviennent les éternuements de votre chat. Dans la grande majorité des cas, ce motif de consultation ne justifie pas la réalisation d’examens complémentaires en première intention sauf si l’animal est en très mauvais état général ou que les éternuements sont très handicapants. En effet, la visualisation des cavités nasales d’un chat nécessite :
  • Une anesthésie de l’animal
  • L’utilisation d’un matériel spécifique
L’examen de choix pour déterminer avec certitude la provenance des éternuements est la rhinoscopie, c’est-à-dire l’observation de l’intérieur des cavités nasales à l’aide d’une petite caméra endoscopique. En cas de suspicion de tumeur ou de maladie inflammatoire chronique, des biopsies de la muqueuse peuvent être réalisées au cours de l’examen pour obtenir un diagnostic définitif. En cas de doute sur la fonction respiratoire, des radiographies pulmonaires peuvent aussi être réalisées. En cas de saignement nasal, une prise de sang pour s’assurer que la coagulation fonctionne correctement sera proposée. Enfin, en cas de traumatisme rapporté par le propriétaire, une surveillance médicale et des examens d’imagerie (radiographies, échographie) afin de s’assurer de l’absence de lésions internes seront recommandés.

Comment soigner un chat qui éternue ?

En fonction de l’origine des éternuements, plusieurs traitements peuvent être entrepris :
  • Antibiotiques pour traiter une rhinite bactérienne, un coryza surinfecté ou toute surinfection signalée par la présence d’un écoulement purulent au niveau des narines,
  • Inhalations pour lutter contre l’encombrement des cavités nasales,
  • Anti-inflammatoires (corticoïdes) en cas de diagnostic de rhinite chronique d’origine immunitaire ou pour une prise en charge palliative d’un lymphome nasal,
  • Retrait de corps étranger ou de polype nasopharyngé sous anesthésie s’il est identifié et accessible,
  • Suture si une fente palatine est identifiée suite à un traumatisme,
  • Gestion d’une anomalie dentaire sous anesthésie générale.

Comment prévenir le coryza du chat ?

La cause la plus fréquente d’éternuements chez le chat reste le syndrome “coryza”. Ce syndrome, causé par plusieurs agents pathogènes, est très contagieux et peut être handicapant pour l’animal à bien des égards :
  • Éternuements chroniques et difficultés respiratoires,
  • Problèmes oculaires (écoulements permanents, conjonctivites, ulcères de la cornée),
  • Ulcérations au sein de la cavité buccale.
Pour se prémunir de l’apparition d’un coryza chez votre animal, il existe un vaccin qui permet une protection partielle et une diminution de la sévérité des symptômes et de la contagiosité si votre animal est infecté. Il est fortement recommandé de vacciner son chat dès l’âge de 8 semaines. Le protocole vaccinal consiste en 2 injections à 4 semaines d’intervalle pour la primovaccination, un premier rappel au bout d’un an puis tous les 3 ans. Il est également recommandé autant que possible de limiter les contacts avec des congénères dont on sait qu’ils sont porteurs de la maladie. Par ailleurs, le coryza est une maladie de chats vivant en communauté, il est donc primordial que le statut vaccinal de votre chat soit à jour pour séjourner dans un refuge ou assister à une exposition par exemple. Si vous possédez plusieurs chats et que l’un d’entre eux présente des éternuements, pensez à l’isoler des autres en attendant votre visite chez le vétérinaire et à appliquer certaines mesures hygiéniques pour éviter toute contagiosité :
  • Désinfection des gamelles qui ont été utilisées en commun,
  • Désinfection des litières,
  • Lavage des mains systématique après chaque contact avec le chat malade,
  • Éviter le contact avec le chat malade avant d’aller vous occuper des chats sains. Préférer le sens inverse, d’abord vous occuper des chats en bonne santé, puis du chat malade.