Comme nous, les chats peuvent facilement éternuer de temps en temps. Le plus souvent la cause de ces éternuements est une simple irritation des voies respiratoires et est passagère. Cependant si les éternuements perdurent dans le temps et/ou que d’autres symptômes apparaissent il peut être indiqué de consulter votre vétérinaire !

Physiologie des éternuements : pourquoi mon chat éternue ?



L’éternuement est un réflexe naturel de l’organisme permettant d’expulser l’air contenu dans les narines ou les sinus suite à une irritation des muqueuses nasales. C’est un mécanisme de protection visant à éliminer des particules étrangères potentiellement irritantes : des poussières, un corps étranger, des écoulements trop importants ... Les muqueuses nasales de nos chats étant beaucoup plus développées que les nôtres ils sont particulièrement sensibles aux éternuements ! Il est donc tout à fait normal d’observer des éternuements occasionnels chez votre chat sans que cela ne soit alarmant.

Il est important de savoir qu’un chat ne peut respirer que par le nez contrairement à l’Homme ou au chien. Un chat qui respire la gueule ouverte est donc toujours pathologique (ou cas de stress extrême) et toujours une urgence.

De plus, bien qu’un mécanisme de protection pour l’organisme, les éternuements ont tendance à favoriser la dissémination d’agents pathogènes si la cause est infectieuse. Attention alors à bien séparer votre chat malade de ses congénères.

Chez le chat, il n’est pas toujours facile de distinguer l’éternuement de la toux. Il faudra pourtant bien faire la différence car l’origine du problème n’est en général pas la même. Lorsque le chat éternue, comme vous, il émet un son plutôt aigu qui vient d’en haut (narine), comme un « pscht ». Lorsque votre chat tousse, comme vous, cela vient de plus profond (la gorge ou les poumons) et c’est un son en général plus grave qui sort.

N’hésitez pas à filmer votre animal si vous n’arrivez pas à la faire la différence. Vous pourrez alors montrer la vidéo à votre vétérinaire !

Quand consulter un vétérinaire ?



Eternuements occasionnels chez le chat



Si les éternuements de votre chat sont occasionnels, qu’il a l’air en forme et qu’ils ne sont pas associés à d’autres symptômes, il ne faut pas s’alarmer. Recherchez dans un premier temps une cause possible et environnementale à cette irritation des muqueuses nasales : votre chat ressort de sous un meuble plein de poussières, vous avez mis de l’encens ou des huiles essentielles à la maison, vous avez nettoyé le sol avec un produit qui sent fort, vous fumez à côté de lui …. Dans ce cas pas d’inquiétude.

Les cas où il faut consulter votre vétérinaire



Une consultation vétérinaire sera recommandée dans le cas où votre chat présente :

  • Une fréquence d'éternuements plus élevée qu’à son habitude,
  • La présence d’un écoulement nasal associé aux éternuements. On parle de jetage. Il peut être transparent (séreux), purulent ou bien être du sang (on parle d’épistaxis). Il peut toucher une ou deux narines simultanément.
  • L’un ou les yeux qui pleurent, on parle alors d’épiphora, qui lui aussi peut être transparent (séreux), purulent ou avec du sang …
  • De la toux.
  • Une mauvaise haleine et/ou une forte salivation (on parle de ptyalisme).
  • Une atteinte de l’état général associée aux éternuements :


    • Une baisse d’appétit. Les chats sont très sensibles et ont besoin de leur odorat pour manger correctement. Une atteinte sévère des cavités nasales peut diminuer leur odorat et les empêcher de manger correctement ce qui sur plusieurs jours peut vite devenir grave chez le chat.
    • Des troubles digestifs
    • De la fatigue, un abattement
    • Des difficultés pour respirer

Dans tous ces cas-là il convient de ne pas tarder et de consulter au plus vite votre vétérinaire de façon à éviter des complications pulmonaires ou générales graves. C’est d’autant plus important chez les chatons qui sont plus fragiles au niveau immunitaire et notamment en cas de perte d’appétit.

Votre chat éternue et cela vous inquiète ?

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Les causes des éternuements chez le chat



Les raisons pour lesquelles un chat présente des éternuements sont multiples et variées. Pour rappel, si les éternuements sont peu fréquents et que votre chat va bien, il faut dans un premier temps chercher une cause environnementale, non grave, qui peut entraîner une simple irritation passagère du nez de votre chat : poussières, pollens, fumée de cigarette, produit ménager, produit de bricolage, parfums de synthèse …. Il faut alors simplement retirer la cause de l’environnement de votre chat.

Pour les autres cas, on va distinguer les causes :

Virales

  • Le coryza chez le chat est un syndrome extrêmement fréquent. Cette maladie peut être causée par deux types de virus différents : l’Herpèsvirus et le Calicivirus. Dans les deux cas, le chat présentera, de manière plus ou moins sévère en fonction de son immunité, des éternuements répétés souvent associés à d’autres symptômes. C’est une maladie très contagieuse et occasionnellement grave surtout chez le chaton. Une fois infecté, l’animal est parfois porteur à vie du ou des virus et pourra présenter plusieurs épisodes de récidives au cours de son existence, notamment en cas d’épisodes de stress ou d’immunodéficience (exemple des chats porteurs du FIV ou de la leucose). D’où l’importance extrême de la vaccination contre ces 2 virus chez les chats, même vivant en intérieur.
  • La péritonite infectieuse féline est une maladie grave causée par un coronavirus digestif. Parmi les répercussions possibles de cette maladie, on observe souvent une inflammation des vaisseaux sanguins pouvant se traduire chez le chat par des éternuements accompagnés d’épistaxis.

Bactériennes

Certaines bactéries comme celle responsables de la chlamydiose, peuvent être responsable du syndrome du coryza félin cité plus haut. Sinon on parle de rhinite infectieuse. Les cavités nasales sont colonisées par des bactéries (mycoplasmes et pasteurelles sont les plus souvent rencontrés) et cela engendre des éternuements pendant plusieurs jours. Les bactéries responsables de l‘infection peuvent provenir de l’air inspiré par l’animal ou de problèmes dentaires. En effet, les racines dentaires sont très proches des cavités nasales. En cas d’abcès dentaire ou de tartre en quantité excessive, il peut y avoir création d’une fistule et communication entre les dents et les narines.

Fongiques

La cryptococcose, causée par un champignon appelé Cryptococcus sp., est une maladie assez peu répandue en Europe. En revanche, elle est très grave et assez contagieuse. Les éternuements augmentent en fréquence avec l’évolution de la maladie et peuvent être accompagnés d’une épistaxis au niveau d’une seule ou des deux narines. Généralement, l’animal présente également une déformation au niveau du nez ainsi que des signes de maladie générale (baisse d’appétit, baisse de forme, fièvre).

Mécaniques

L’inhalation d’un corps étranger, par exemple un brin d’herbe, peut provoquer une très grosse crise d’éternuements. Dans l’immense majorité des cas, les éternuements permettent de déloger et d’expulser le corps étranger. Mais dans de rares cas, il faudra l’intervention d’un vétérinaire pour le retirer manuellement, souvent sous anesthésie générale.

Traumatiques

À la suite d’une chute ou d’un accident, on peut parfois observer des éternuements par crises. On peut en effet avoir des hémorragies au niveau du tissu des cavités nasales et une inflammation des tissus associés. Il faudra aussi vérifier que votre chat n’a pas une fente palatine. En effet, en raison du choc, il arrive que le palais, situé au-dessus de la langue, se déchire en son centre, créant ainsi une communication entre la gueule de l’animal et les narines. Il n’est pas recommandé de donner à manger ou à boire à votre animal dans ce cas, tant qu’un vétérinaire n’a pas pu l’examiner.

Inflammatoires

Certains chats peuvent présenter des rhinites chroniques en raison d’un dérèglement de leur système immunitaire. Celui-ci va réagir comme si une infection était présente et produire des cellules de défense de l’organisme en quantité exacerbée. Ces cellules vont venir coloniser la muqueuse des cavités nasales et générer une inflammation permanente, à l’origine des éternuements. Cela va être le cas en cas d’allergie à des produits présents dans l’air comme avec certains pollens : on va donc avoir des chats qui vont présenter des rhinites saisonnières.

Polypeuses

La présence de polypes nasopharyngés est fréquente chez le chat. Il s’agit de petites excroissances de la muqueuse des cavités nasales et du nasopharynx. Celles-ci viennent obstruer partiellement le passage de l’air inspiré et générer une inflammation chronique. Ceci a pour conséquence de faire éternuer régulièrement votre chat et de rendre la région sensible aux surinfections bactériennes.

Congénitales

Il existe des chats qui présentent une malformation des cavités nasales dès la naissance. On parle de sténose nasopharyngée. Par les mêmes mécanismes que les polypes, cette sténose provoque des éternuements chroniques et prédispose le chat aux surinfections.

Tumorales

Le lymphome nasal est une tumeur assez répandue chez le chat. Elle concerne la muqueuse des cavités nasales et engendre des éternuements et des surinfections de manière fréquente. Mais n’importe quelle tumeur, qu’elle soit maligne ou bénigne, qui prend son origine au niveau des cavités nasales, du nasopharynx, ou qui obstrue ces régions, peut entrainer des éternuements.

Troubles de la coagulation

Tout dérèglement de la coagulation, pouvant être causé par une maladie telle que l’hémophilie ou par une intoxication à la mort aux rats, va potentiellement entraîner des saignements spontanés dans les cavités nasales et donc des éternuements avec de l’épistaxis.

Hypertension artérielle

Beaucoup de vieux chats présentent de l’hypertension artérielle (HTA). Contrairement à l’Homme, il est rare que cette HTA soit isolée, elle est très souvent la conséquence d’une autre maladie (insuffisance rénale, hyperthyroïdie...). Cette HTA peut aboutir, en cas de pic important, à la rupture des vaisseaux sanguins de très petit diamètre comme ceux présents dans les cavités nasales. On observera alors des saignements au niveau des narines accompagnés d’éternuements.

Pour rappel, est important d’aller consulter votre vétérinaire si votre chat éternue beaucoup et si d’autres symptômes sont associés. En effet, si les éternuements persistent, fonction de la cause, des complications peuvent s’installer : baisse de l’appétit, affaiblissement, descente des germes dans les poumons avec pneumonie et dispersion de germes dans la circulation sanguine avec septicémie par exemple. C’est encore plus vrai chez les chatons.

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Comment diagnostiquer l’origine des éternuements ?



Dans un premier temps votre vétérinaire va vous poser de nombreuses questions : date d’apparition des éternuements, fréquence, statut vaccinal de votre animal, âge, mode de vie, congénère malade ou non, présence d’un écoulement nasal ou non ainsi que son aspect … votre vétérinaire va pouvoir déterminer une première liste d’hypothèses les plus probables pour expliquer d’où proviennent les éternuements de votre chat. Il va ensuite examiner votre animal de la tête à la queue pour chercher des anomalies à d’autres endroits (exemple problème dentaire), la présence de fièvre (hyperthermie), la présence d’une trachéite, auscultation cardiaque et pulmonaire à la recherche de bruits anormaux …

Dans la grande majorité des cas, ce motif de consultation ne justifie pas la réalisation d’examens complémentaires en première intention sauf si l’animal est en très mauvais état général ou que les éternuements sont très handicapants. En effet, la visualisation des cavités nasales d’un chat nécessite :

  • Une anesthésie de l’animal
  • Et parfois l’utilisation d’un matériel spécifique comme un endoscope qui n’est pas présent dans toutes les cliniques vétérinaires.

L’examen de choix pour déterminer avec certitude la provenance des éternuements est la rhinoscopie, c’est-à-dire l’observation de l’intérieur des cavités nasales à l’aide d’une petite caméra endoscopique. En cas de suspicion de tumeur ou de maladie inflammatoire chronique, des biopsies de la muqueuse peuvent être réalisées au cours de l’examen pour obtenir un diagnostic définitif. On peut aussi prélever une partie des sécrétions nasales pour chercher quel germe est en cause et quel antibiotique est efficace contre lui (antibiogramme).

Dans certains cas, comme des problèmes respiratoires importants, un traumatisme … des examens d’imagerie médicale peuvent être proposés. Comme des radiographies pulmonaires pour évaluer l’existence de lésions au niveau des poumons, ou bien une échographie de l’abdomen pour s’assurer de l’absence de lésions internes. Un bilan sanguin peut être recommandé par votre vétérinaire en fonction de l’état général de votre chat et de la cause suspectée. En cas de saignement nasal, une prise de sang pour s’assurer que la coagulation fonctionne correctement sera proposée.

Traitement des éternuements chez le chat



Il n’y a pas de traitement spécifique pour les éternuements. Celui-ci sera fonction de la cause et de la gravité de l’état dans lequel est votre animal.

  • Antibiotiques pour traiter une rhinite bactérienne, un coryza surinfecté ou toute surinfection signalée par la présence d’un écoulement purulent au niveau des narines,
  • Inhalations pour lutter contre l’encombrement des cavités nasales,
  • Anti-inflammatoires (corticoïdes ou ains) en cas de diagnostic de rhinite chronique d’origine immunitaire ou pour une prise en charge palliative d’un lymphome nasal,
  • Retrait de corps étranger ou de polype nasopharyngé sous anesthésie s’il est identifié et accessible,
  • Suture si une fente palatine est identifiée suite à un traumatisme,
  • Gestion d’une anomalie dentaire avec détartrage plus ou moins extraction sous anesthésie générale.
  • Hospitalisation avec perfusion et réalimentation par gavage ou pose d’une sonde dans les cas les plus graves.

Comment prévenir les éternuements chez le chat ?



Cas particulier du coryza

La cause la plus fréquente d’éternuements chez le chat reste le syndrome du “coryza”. Ce syndrome, causé par plusieurs agents pathogènes, est très contagieux et peut être handicapant pour l’animal à bien des égards :

  • Éternuements chroniques et difficultés respiratoires,
  • Problèmes oculaires (écoulements permanents, conjonctivites, ulcères de la cornée),
  • Ulcérations au sein de la cavité buccale.

Pour se prémunir de l’apparition d’un coryza chez votre animal et de ses conséquences sur le long terme, il est primordial de le vacciner. Le vaccin contre le coryza permet de protéger les chats contre les deux virus les plus fréquemment impliqués que sont l’herpès-virus félin et le calicivirus félin. C’est un vaccin dit essentiel chez le chat, que celui-ci ait accès à l’extérieur ou pas. Le vaccin permet une protection partielle et une diminution de la sévérité des symptômes et de la contagiosité si votre animal est infecté. Il est fortement recommandé de vacciner son chat dès l’âge de 8 semaines.

Il est également recommandé autant que possible de limiter les contacts avec des congénères dont on sait qu’ils sont porteurs de la maladie. Par ailleurs, le coryza est une maladie de chats vivant en communauté, il est donc primordial que le statut vaccinal de votre chat soit à jour pour séjourner dans un refuge ou assister à une exposition par exemple.

Si vous possédez plusieurs chats et que l’un d’entre eux présente des éternuements, pensez à l’isoler des autres en attendant votre visite chez le vétérinaire et à appliquer certaines mesures hygiéniques pour éviter toute contagiosité :

  • Désinfection des gamelles qui ont été utilisées en commun,
  • Désinfection des litières,
  • Lavage des mains systématique après chaque contact avec le chat malade,
  • Éviter le contact avec le chat malade avant d’aller vous occuper des chats sains. Préférer le sens inverse, d’abord occupez vous des chats en bonne santé, puis du chat malade.

Autres recommandations

Si le problème d’éternuement provient de l’environnement de votre chat il convient si possible de l’éloigner de la source : aération en cas de fumée de cigarettes ou de produits à odeur irritante, nettoyage des poussières, éviter de brûler de l’encens ou des huiles essentielles …

Pour que votre chat ait le meilleure système immunitaire possible veillez à le nourrir avec un aliment de qualité, à le vermifuger régulièrement et à ne pas négligez l’importance de la visite annuelle chez le vétérinaire.